Illusions perdues – DVD Blu-ray – Avis et Critique du film

Avis Critique en une note
Mesure du plaisir à voir le film 96%

CRITIQUE du film Illusions perdues

Brillant ! Illusions perdues est un film très pertinent qui mérite incontestablement d’être vu car il s’agit d’une fascinante histoire d’amour cruelle et mélodramatique emprunte de domination féminine, car il dépeint magnifiquement le Paris disparu de la Monarchie de juillet (1830-1848), car sa présentation de la presse satirique est saisissante mais toujours d’une cruelle actualité, car on ne s’ennuie pas une seule seconde durant les 2h30 (150 minutes) du DVD ou du Blu-ray ! Une critique et un avis s’imposent donc pour ce film que l’on peut aisément qualifier de majeur : Illusions perdues !

BANDE-ANNONCE du film Illusions perdues

Mostra de
VENISE
0
MINUTES

RÉSUMÉ du film Illusions perdues

Si le roman d’Honoré de Balzac a été rédigé entre 1837 et 1843, le film décale légèrement la temporalité de l’histoire pour la faire aboutir à 1847 (la revue Le Corsaire-Satan ayant été publiée de 1844 à 1847) en la situant donc clairement sous la Monarchie de juillet. Un jeune poète provincial, Lucien de Rubempré, devient l’amant d’une femme mûre, la Baronne Louise de Bargeton, qui l’emmène avec elle à Paris avant de se débarrasser de lui car son jeune amant n’est pas un véritable noble qui, en outre, ne connait pas les codes sociaux de la noblesse parisienne ! Le jeune poète qui a un talent d’écrivain devient journaliste et gravit peu à peu toutes les marches de la célébrité en acquérant gloire, pouvoir, argent et une jeune compagne ravissante, Coralie ! Dès lors, la Baronne décide de manipuler son ancien amant pour qu’il revienne sous son joug !

Illusions perdues - Film - Critique
L'amour interdit entre un jeune roturier et une aristocrate mûre mariée

CHRONIQUE du film Illusions perdues

Le film Illusions perdues fonctionne à merveille en nous faisant plonger dans le Paris des élites au milan du XIXe siècle grâce à la conjugaison de plusieurs portraits fascinants ; le portrait d’une relation de domination féminine non-dite ; le portrait d’un amour cruel ; le portrait de l’ascension sociale d’un jeune homme ambitieux comme Barry Lindon ; le portrait d’une presse satirique infâme ; le portrait d’un Paris méconnu qui s’anime en images sous nos yeux pour la première fois !

Pourquoi Illusions perdues est-il un film emprunt de domination féminine ?

Le film, à l’image du roman, est excellent car les trois femmes principales de l’œuvre sont dominantes chacune à sa manière ! La Baronne est une femme mûre qui choisit un amant bien plus jeune qu’elle pour faire cocu son mari sans vergogne avant de reprendre le pouvoir sur son amant en le manipulant puis en le payant pour qu’il lui fasse l’amour comme un simple gigolo ! La comédienne de théâtre, Coralie, est une habile courtisane qui manipule et trompe son protecteur bien plus âgé qu’elle avant d’habiller et maquiller le jeune poète pour diriger son ascension sociale ! La Marquise d’Espard, interprétée à la perfection parfaite par Jeanne Balibar, régente l’aristocratie parisienne dans les salons et les réceptions en manipulant les hommes avec une exquise douceur aussi altière que cruelle ! Signée Adrien Moreau, une ravissante illustration d’époque du roman d’Honoré de Balzac témoigne d’ailleurs de cet asservissement de l’homme agenouillé devant la femme dominante en l’implorant sous le regard de jeunes aristocrates témoins de sa soumission publique !

Illusions perdues - Illustration de domination féminine pour le roman d'Honoré de Balzac
Une illustration d'Illusion perdues souligne le rapport de domination féminine

Pourquoi l’histoire d’amour est-elle si cruelle dans le film Illusions perdues ?

Lucien de Rubempré, amant éconduit par la Baronne comme un laquais qu’on congédie pour une bévue, trouve enfin l’amour avec une jeune comédienne de théâtre prénommée Coralie. Lucien et Coralie se conjuguent à merveille mais Lucien de Rubempré est incapable de se satisfaire de ce merveilleux amour en se condamnant lui-même à retomber sous le joug de la Baronne ! Salomé Dewaels livre une interprétation spectaculaire de Coralie où chaque geste, chaque parole, chaque souffle, chaque attitude, chaque imperceptible mouvement de ses fossettes est juste : elle est Coralie ! C’est cette implication totale de Salomé Dewaels (elle n’hésite pas à jouer nue avec son pubis visible !) dans le rôle de Coralie qui rend l’amour entre Coralie et Lucien de Rubempré (Benjamin Voisin) encore plus attachant et émouvant alors, oui, l’histoire est très cruelle lorsque le jeune homme se détache peu à peu de sa bien-aimée !

Pourquoi le film Illusions perdues évoque-t-il Barry Lindon ?

Tout comme le film Barry Lindon de Stanley Kubrick, le film Illusions perdues de Xavier Giannoli raconte l’ascension sociale fulgurante d’un jeune homme pauvre au sein des classes bourgeoises et aristocratiques qui le rejettent ensuite sans la moindre considération ! Pour son chef d’œuvre, Stanley Kubrick a travaillé les lumières de chaque plan tel un peintre flamand du XVIIe siècle (c’est somptueux) quand Xavier Giannoli a choisi une réalisation plus académique car, évidemment, plus française. C’est vrai, la réalisation de Xavier Giannoli est vraiment très fine avec une caméra stable qui laisse sa place aux jeux des acteurs, ce qui est très appréciable, mais j’ai parfois regretté que les éclairages ne soient pas plus travaillés. En fait, c’est mon avis personnel, Illusions perdues est un film si prenant qu’on aurait souhaité une texture visuelle plus proche de celles de Stanley Kubrick (Barry Lindon) ou Milos Forman (Amadeus) et peut-être un peu moins classique. Ceci écrit, au niveau du son, Illusions perdues est une vraie réussite car les murmures narquois entre les aristocrates sont toujours légèrement étouffés ou presque inaudibles en rendant bien compte de toute leur méchanceté inhérente : splendide !

Illusions perdues - Film - Avis - Critique
La salle de rédaction d'un journal satirique à Paris en 1844

Pourquoi la presse satirique est-elle si abjecte dans Illusions perdues ?

Le film Illusions perdues est vraiment bluffant pour sa représentation de la presse satirique de l’époque car on s’aperçoit que (presque) rien n’a changé ! Admirablement interprété par Vincent Lacoste, Étienne Lousteau qui est un jeune rédacteur en chef arriviste guide Lucien de Rubempré et les spectateurs dans le monde abject de la presse satirique avec des éditeurs de journaux qui sont uniquement motivés par les rentrées d’argent des ventes au numéro et des publicités sans aucunement se soucier de la véracité des informations, avec des journalistes corrompus qui vendent leurs articles ou échangent la publication d’un bon article contre un service personnel : tout est encore d’actualité ! Ainsi, rapidement, Lucien de Rubempré va devenir lui-aussi un journaliste (presque) sans état d’âme qui vend ses critiques et assoit son pouvoir de nuisance thuriféraire. La vision d’une conférence de rédaction où c’est un singe qui choisit les livres qui seront encensés ou la vision des billets de banque qui sont directement remis dans les mains des journalistes pour les acheter créent un vrai choc en faisant prendre conscience de l’absence totale de déontologie et de respect des œuvres par les critiques ! Notons également que la presse de l’époque n’échappe pas à la censure du pouvoir et, cela aussi, c’est toujours d’actualité car on se souvient notamment de la grande vague de censure de 1996 en France.

Illusions perdues - Avis - Critique
Vincent Lacoste interprète à merveille un rédacteur en chef sans aucune déontologie

Pourquoi la vision de Paris est-elle si unique dans Illusions perdues ?

Vraiment, Illusions perdues est un film à voir pour sa représentation de la ville de Paris sous la Monarchie de juillet avec des images fulgurantes et rarissimes ; le quartier des théâtres avec les petites scènes jouées par des acteurs devant chaque salle de spectacle telles des publicités vivantes ; les grands boulevards où des myriades de calèches se croisent à vive allure ; l’éditeur Dauriat où les écrivains se pressent pour faire publier leurs livres comme sur l’étal d’un marché ; le jardin du Palais Royal avec ses centaines de prostituées aux seins nus sous les arcades et aux balcons ! En fait, vous aviez certainement lu beaucoup d’informations sur le Paris de 1840 mais vous ne l’aviez jamais vu ! Et là, oui là, on peut dire que la représentation filmée très réaliste de ce Paris est subjuguante ! En plus, le réalisateur, Xavier Giannoli, a le goût du détail et l’on peut ainsi découvrir, placardées sur les colonnes des arcades du Palais Royal, les affiches de chaque prostituée où elles énumèrent leurs spécialités !

Pourquoi on ne s’ennuie pas durant le film Illusions perdues ?

Le film Illusions perdues nous rive sur nos fauteuils (ou canapés) car l’histoire mélodramatique à souhait est une très bonne adaptation de l’œuvre d’Honoré de Balzac, car la réalisation est implacable dans sa progression dramaturgique, car Xavier Dolan (Nathan) et Cécile de France (Louise de Bargeton) ont bien compris leurs rôles en les interprétant avec tout le malaise nécessaire, car la rédaction d’un journal et le milieu des théâtres et le monde glauque de l’aristocratie suffisante sont autant de microcosmes captivants, car c’est un très bon film tout simplement !

Illusions perdues - Critique
La jeune comedienne Coralie fait succomber les hommes sous ses charmes

AVIS sur le film Illusions perdues

L’affiche (incompréhensible) du film Illusions perdues ne me faisait pas envie, la bande-annonce (sans doute trop rythmée) me donnait à tort l’impression d’un film surjoué, mais en réalité Illusions perdues est un grand film qui raconte comment un homme peut se surpasser puis sombrer dans la déchéance par passion pour une femme manipulatrice. Illusions perdues est un film très intéressant car il laisse une libre part à notre interprétation des agissements de la Baronne Louise de Bargeton ou de l’écrivain aristocrate Nathan sans dresser un portrait manichéen de ses personnages. Lorsque la séance se termine, lorsque le DVD ou le Blu-ray coulisse hors de son lecteur, on se dit qu’on vient de passer un fabuleux moment de cinéma comme on en vit peu dans sa vie : c’est tellement bien de voir un vrai bon film !

Illusions perdues - Avis
La Baronne manipule cruellement son jeune amant devenu célèbre
9.5Score Expert
Un film passionnant et enrichissant

Une vraie réussite cinématographique qui nous transporte dans les turpitudes du Paris mondain de la Monarchie de juillet

Réalisation
9.5
Scénario
10
Décors
9.5
Interprétation des rôles
9
Ce qui est bien
  • Salomé Dewaels
  • Paris en 1844
  • Femmes dominantes
  • Le jardin du Palais Royal
Ce qui est moins bien
  • Éclairages trop classiques

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EXTRAIT VIDÉO du film Illusions perdues

AFFICHE du film Illusions perdues

Illusions perdues - Affiche du film
L'affiche d'Illusions perdues ne reflète pas les plus grands enjeux du film

ÉDITEUR du Blu-ray et DVD Illusions perdues

Le DVD et le Blu-ray sont édités par Gaumont.

Les photos, textes, illustrations, vidéos et documents sont les propriétés de leurs auteurs et éditeurs respectifs.
Photos © Roger Arpajou 2021 – Curiosa Films – Gaumont – France 3 Cinéma – Gabriel Inc. – Umedia

Illusions perdues - Film - Avis

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